D’une superficie de 61 km2 et une population estimée à plus de 19 000 âmes réparties sur 28 villages, la commune de Bousselam est la plus grande au niveau de la daïra de Bouandas,en petite Kabylie.
De par son enclavement naturel, imposé par le relief montagneux et autres multitudes de problèmes dans lesquels elle se débat, la commune, située à 75 km au nord de Sétif, illustre de la manière la plus claire, les difficultés qu’affrontent quotidiennement les habitants des zones rurales. Premier constat, l’axe routier reliant Bouandas et Bousselam, en l’occurrence la route wilayale 45, est dans un état de dégradation très avancé. Des fissures et des fosses jonchent la chaussée. Sa dernière réparation remonte à 1985, arguant de ce fait, les transporteurs exigent 40 dinars pour un trajet de 20 km, jusqu’à Souk-El- Had. Le plus souvent, les véhicules de transport sont pleins à craquer, et le passager n’a pas droit à son ticket. A partir d’«Ouslouf», les villages de Bousselam commencent à défiler. Accrochés sur des crêtes, des villages tels Tarzout, Lekseul et Taskafet sont entourés de vergers et de figuiers. En bas, au pied de la montagne et aux bords de l’Oued Bousselam, les oliviers dominent le paysage. Les 49 km de chemins communaux, qui reliaient les villages entre eux, et ses derniers avec le chef-lieu Aïn-Dockar sont impraticables, c’est le moins que l’on puisse dire. Dans certains endroits, seul un tracteur ou une bête de somme peuvent désenclaver les villageois. Des centaines de jeunes des différents villages, peuplent les rues et les cafés. Le taux de chômage est estimé à plus de 65%. Les politiques successives d’emploi n’ont pas changé grand-chose. On dénombre quelques bénéficiaires de crédit dans le cadre de l’ANSEJ, à l’instar de Farid, un ex-chômeur qui s’est lancé dans l’élevage des vaches laitières. Mais beaucoup d’autres jeunes n’ont pas pu surmonter les obstacles bancaires. “Le travail, on le cherche ailleurs, il n’y a rien ici”, affirme Rachid, un jeune peintre qui travaille à Alger. Ailleurs, c’est les grandes villes ou mieux encore, l’Europe. Rejoindre les siens qui sont partis à la recherche d’autres cieux plus cléments, est le rêve de tous à Bousselam. La crise de logement, quant à elle, s’étend dans toute cette commune. Les responsables de l’APC affirment avoir reçu 900 demandes de logements, toutes formules confondues. Une enquête menée récemment qualifie la majeure partie des demandes, de personnes nécessiteuses. Les enquêteurs ont constaté l’état de délabrement de certaines habitations, et qui menacent sérieusement la vie des familles. “Ces familles doivent déménager au plus vite et avant qu’il ne soit trop tard. Mais pour aller où ?”, s’interroge un membre de l’APC. De leur côté, des citoyens accusent les autorités concernées de favoritisme et de manque de transparence qui caractérise l’opération d’attribution de logements. Dans le domaine sanitaire, la commune souffre le martyre, et la situation est très alarmante. Un seul médecin pour les 19 000 habitants de Bousselam. Le dispensaire de Aïn-Dockar, l’unique établissement sanitaire de la commune, est submergé, ses capacités en matière d’équipements et de personnel (1 médecin généraliste et 2 infirmiers), sont loin de pouvoir faire face au besoin de soins d’une population de plus en plus nombreuse. Pour accoucher, une femme ou seulement voir un dentiste, les “Bousslamais” sont contraint de se déplacer jusqu’à Bouandas ou Barbacha. L’insuffisance grave des prestations sanitaires, interpelle la tutelle pour une intervention urgente. Les services d’une maternité et d’une ambulance, ne sont plus de seconde nécessité. 95% du territoire de la commune est électrifié, mais cela n’a pas préservé les citoyens des grands désagréments qu’induisent les coupures électriques, si fréquentes et si longues, notamment en période hivernale. Les citoyens se demandent s’ils sont des abonnés de Sonelgaz à part entière ? Le gaz de ville, quant à lui, n’a pas trouvé son chemin vers cette haute région, connue pour ses hivers rigoureux, afin de délivrer le montagnard de la bouteille de gaz butane et du bidon de mazout, et aussi pour préserver les frênes et les chênes des haches de bûcherons. La commune de Bousselam n’est pourvue d’aucune infrastructure sportive ou culturelle. Un terrain aménagé fait office de stade communal, mais que la ligue de wilaya n’a pas homologué pour cause de non-conformité avec les normes connues. L’association sportive de la commune, qui bénéficiait pourtant d’un certain budget, est entrée en hibernation depuis des années. La dotation de la frange juvénile en stades, maison de jeunes et bibliothèque communale est bien plus qu’indispensables, car la consommation de drogues et la délinquance sous toutes ses formes ont pris le dessus. La balle est actuellement entre les mains des responsables qui doivent de réagir dans les plus brefs délais.
DJ. Farouk
publié par Daideche dans: Société